2026-10-03 · Agentic Realism

Wix, WordPress ou refonte : que garder, que refaire

Un test de trente minutes, et ce qu’il faut préserver avant de toucher à votre site

Refaire son site n’est pas toujours la bonne réponse. Un test de trente minutes pour décider, ce qui change selon la plateforme, et l’étape que les refontes sautent le plus souvent : relever ce qui fonctionne et rediriger les anciennes adresses, pour ne pas perdre les visites que Google vous envoyait.

Illustration éditoriale à l’aquarelle, vue du dessus : des maquettes de pages web retenues par des trombones orange et reliées par des fils de cuivre à un téléphone, une pile de pages mises de côté, un carton de déménagement ouvert avec une clé, une étiquette vierge et un crayon.
Illustration éditoriale pour cet article. Les pages qui fonctionnent sont gardées et suivent le déménagement ; la clé part avec vous. Aucun site n’est réel.

La réponse courte

Ne refaites pas votre site par principe. Si vous pouvez le modifier, qu’il est lisible sur téléphone et que les demandes arrivent, clarifiez-le plutôt que de le reconstruire. Refaites-le quand la plateforme vous bloque, que personne n’a plus les accès ou que votre offre a changé au point que la structure ne tient plus. Dans les deux cas, commencez par relever ce qui fonctionne : une refonte qui casse les anciennes adresses peut perdre en quelques semaines les visites que Google vous envoyait.

La situation

Le site a été fait il y a cinq ou six ans. Sur Wix, un week-end de pluie ; ou sur WordPress, par un neveu, un ami, un prestataire qui a changé de métier depuis. Il existe, il n’est pas faux, mais il ne vous ressemble plus. Les prestations ont changé, les photos datent, et modifier un horaire demande de retrouver un mot de passe.

La tentation est de tout jeter et de recommencer. C’est parfois la bonne décision. Souvent, c’est une dépense qu’un après-midi de corrections aurait évitée — et parfois, c’est une perte : le vieux site avait une page que Google aimait bien, et personne ne l’a remarqué avant qu’elle disparaisse.

Le test de trente minutes, à faire seul·e

1. Le téléphone

Ouvrez votre site sur votre téléphone, comme un inconnu. En cinq secondes, comprend-on ce que vous faites, où, et comment vous joindre ? Le numéro se compose-t-il d’un geste ? C’est le test qui compte le plus : la majorité de vos visiteurs arrivent par là.

2. La vitesse

Collez l’adresse de votre site dans PageSpeed Insights, l’outil gratuit de Google, et regardez le résultat mobile. Un score moyen n’est pas un drame ; une page qui met plusieurs secondes à s’afficher, si.

3. Les accès

Avez-vous, à votre nom, les identifiants de la plateforme ou de l’administration WordPress, de l’hébergement, et du nom de domaine ? Notez où chacun se trouve. Si l’un d’eux manque, c’est la première chose à récupérer — avant toute décision.

4. Une modification

Changez un horaire ou un prix. Si cela prend cinq minutes, le site est vivant. Si cela prend un après-midi ou un appel à quelqu’un d’injoignable, c’est un signal fort.

5. Ce qui amène des visites

Dans Google Search Console ou les statistiques de votre plateforme, regardez quelles pages reçoivent des visites et par quelles recherches. Il y en a souvent deux ou trois qui font l’essentiel. Ce sont elles qu’il ne faut pas perdre.

6. Le formulaire

Envoyez-vous une demande de test par votre propre formulaire. Arrive-t-elle, et où ? Un formulaire qui part dans une adresse que personne ne lit est plus fréquent qu’on ne le croit.

Garder ou refaire

Ce que vous constatezGarder et corrigerRefaire
Vous pouvez modifier un horaire en cinq minutesOuiNon : personne n’a plus les accès
Sur téléphone, on comprend en cinq secondesOui, ou presqueNon, et la mise en page résiste
Votre offre a changéUne page à réécrireToute la structure est à revoir
La plateformeElle fait ce dont vous avez besoinElle bloque ce dont vous avez besoin
Les demandes arriventOui, par le siteRarement, et le formulaire est peu fiable
Tableau : quelques signaux pour décider. Un seul signal de la colonne de droite ne suffit pas toujours ; plusieurs, oui.

Si vous gardez : corriger dans l’ordre

Réécrivez d’abord la page d’accueil : ce que vous faites, pour qui, où, et un bouton pour vous joindre. Puis une page par prestation qui compte. Remplacez les photos les plus anciennes, retirez ce qui ne sert plus, et vérifiez le formulaire. Sur WordPress, mettez à jour le thème et les extensions, et supprimez celles que vous n’utilisez pas : une extension oubliée est la porte d’entrée la plus courante des piratages.

Si vous refaites : ce qui change selon la plateforme

Depuis Wix ou Squarespace, le site ne se déménage pas : on reprend les textes et les images, et on reconstruit ailleurs. Ce n’est pas un défaut caché, c’est le modèle de ces outils — il faut simplement le savoir avant.

Depuis WordPress, le contenu s’exporte, et l’on peut choisir de rester sur WordPress avec un site remis à plat, ou de passer à autre chose. La vraie question n’est pas l’outil, mais qui s’occupera des mises à jour pendant les cinq prochaines années.

Le nom de domaine reste le vôtre dans tous les cas. S’il a été acheté par la plateforme ou par un ancien prestataire, demandez le code de transfert avant de commencer quoi que ce soit.

Avant de refaire, préserver

C’est l’étape que les refontes sautent le plus souvent. Un site de cinq ans a accumulé des choses invisibles : des adresses de pages que Google connaît, des liens depuis un annuaire ou le site de votre association, une page qui répond exactement à une recherche locale. Les jeter sans les voir, c’est repartir de zéro sans le savoir.

À relever avant

  • Les pages qui amènent des visites
  • Les adresses (URL) de ces pages
  • Les textes et photos qui fonctionnent
  • Les accès : domaine, hébergement, administration
  • Les liens qui pointent vers vous (annuaires, associations)

Peut partir

  • Les pages que personne ne visite
  • Les actualités de 2019
  • Les extensions installées « pour essayer »
  • Les textes qui ne décrivent plus votre offre
Schéma : ce qu’il faut relever avant de toucher au site, quelle que soit la décision.

Concrètement : chaque ancienne adresse utile doit renvoyer vers la nouvelle page qui la remplace, par une redirection permanente (dite « 301 »). C’est ce qui permet à Google — et aux visiteurs qui avaient gardé un lien — de suivre le déménagement. Une refonte sans redirections, c’est un déménagement sans faire suivre le courrier.

Ce qui se délègue, ce qui se garde

Les vérifications techniques, la reprise des contenus, les redirections, la mise en page et un premier jet des textes se délèguent sans difficulté.

Ce qui reste à vous : ce que vous dites de votre métier, le choix de ce qui part, la relecture de chaque page — et les accès. Le domaine, l’hébergement et l’administration doivent être à votre nom, avec vos identifiants. Un prestataire peut y avoir un accès de travail ; il ne doit pas en être le seul propriétaire. C’est ce qui vous évite, dans cinq ans, de vous retrouver exactement dans la situation de départ.

Ce que ça coûte

Le test de trente minutes et les corrections de base ne coûtent que votre temps.

Si vous voulez un regard extérieur avant de décider, notre audit express du site et de la fiche Google est à 220 CHF : vous recevez une liste de corrections classées par priorité, à faire vous-même ou à nous confier. Si la décision est de refaire, un site vitrine de trois à six pages coûte de 1’300 à 2’400 CHF, reprise des contenus et redirections comprises, avec un suivi optionnel à 90 CHF par mois. Le prix est fixé par devis avant de commencer, et vous ne payez que si vous le validez.

Les limites

Un site neuf ne crée pas de demandes à lui seul. Si personne ne vous trouve aujourd’hui, la cause est souvent ailleurs : une fiche Google incomplète, une offre floue, ou simplement un métier où tout passe par le bouche-à-oreille. Dans ce cas, commencez par la fiche Google, qui coûte moins cher et agit plus vite.

Et si votre site Wix vous convient, que vous aimez le modifier et qu’il fait son travail, gardez-le. Une plateforme qu’on maîtrise vaut mieux qu’un site plus élégant qu’on n’ose pas toucher.

Questions fréquentes

Vais-je perdre mon référencement en refaisant le site ?

Pas si les anciennes adresses utiles sont redirigées vers les nouvelles pages et que les contenus qui fonctionnaient sont repris. Une baisse passagère de quelques semaines reste possible ; une perte durable vient presque toujours de redirections oubliées.

Wix ou WordPress, lequel est le meilleur ?

Aucun dans l’absolu. Wix est simple, mais le site reste chez la plateforme. WordPress est libre et exportable, mais demande des mises à jour régulières. Le bon choix est celui que vous, ou la personne qui s’en occupe, saurez tenir à jour.

Combien de temps prend une refonte ?

Entre deux et quatre semaines pour un site vitrine, dont une bonne part pour les textes et les photos. Le relevé de l’existant et les redirections ajoutent une demi-journée, rarement plus.

Pour aller plus loin

Pour comparer des offres de refonte, l’article Combien coûte un site web d’indépendant donne les ordres de grandeur et les cinq questions à poser avant de signer. Et le diagnostic de 30 minutes est gratuit : on regarde votre site ensemble, et on vous dit franchement s’il vaut mieux le garder.

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